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« La branche d’olivier est devenue le signe du refus de l’excision »

Ils ont belle allure dans leurs vêtements traditionnels. Venus en France pour présenter leur action en faveur de la culture masaï, Phylis et Kenny Matampash seront à Paris ce mercredi 11 juin. Ils présenteront lors d’une rencontre à l’Agence française du développement leur travail quotidien contre l’excision.

Propos recueillis par Moïra Sauvage

Quelle est aujourd’hui la situation de l’excision au Kenya ?

Bien qu’elle soit illégale, l’excision continue au Kenya  dans différentes communautés rurales. Si certaines  régions ne la pratiquent plus, dans le centre du pays par exemple, on estime que 60 à 70% des filles la subissent encore. Mais elle est devenue plus cachée, on n’organise plus comme on le faisait encore il y a vingt ans de grandes cérémonies. Cela se passe de façon discrète, souvent la nuit et au domicile, pour éviter les amendes prévues par la loi. Les filles ne sont pas excisées bébés mais entre l’âge de neuf et quatorze ans. Lorsqu’elles habitent les villes et qu’elles sont d’une région où l’excision se pratique, elles reviennent dans leur communauté pour y être excisées.

Pourquoi cette pratique persiste-t-elle  ?

En fait, il n’y a aucun motif raisonnable ! Il s’agit juste d’une tradition qu’il faut donc dénoncer fermement, car l’abolir n’empêcherait pas de conserver notre culture et les valeurs qui nous tiennent à cœur.  Mais si les jeunes hommes masaï continuent à penser qu’une femme non excisée ne peut pas être épousée, rien ne changera… Nous savons que la route est longue avant que cela arrive !

Comment avez-vous décidé d’agir dans votre communauté ?

Nous avons donné l’exemple en organisant une grande cérémonie d’initiation pour notre fille Nayianoi. Trois cent personnes furent invitées, nous avons planté devant la porte de notre maison une branche d’olivier, et présenté cela comme un rite de passage. Depuis, plusieurs familles ont rejoint ce projet et le symbole de la branche d’olivier est devenue pour elles le signe du refus de l’excision.

Mais ce n’était pas suffisant. L’éducation, des filles comme des garçons, est nécessaire pour faire comprendre que l’excision ne sert à rien. C’est pourquoi, avec l’aide de plusieurs associations ( Action Aid, Terres de couleurs), nous avons mis en place un accord avec les familles : nous aidons à la scolarisation de leurs filles en échange de la promesse qu’elles ne seront jamais excisées. Nous suivons ensuite ces jeunes filles jusqu’à l’âge adulte, de façon à ce qu’elles puissent se débrouiller dans la vie.

Bien sûr, nous avons été critiqués, surtout par les personnes de plus de cinquante ans, dont beaucoup de vieilles femmes…. Elles nous accusaient de détruire la tradition. Pourtant, peu à peu, on voit changer les esprits, les résistances s’affaiblissent et le message des droits humains commence à se faire entendre.

Phylis, comment votre message de femme, fille et mère, est-il entendu ?

Il est très important pour nous de travailler en couple et de porter ce message à deux. En tant qu’épouse, je peux dire haut et fort « j’ai été excisée moi-même mais ma fille ne le sera pas« . Je suis en quelque sorte un exemple à suivre. Et ce rôle de symbole, que jouent aujourd’hui les filles dont nous nous occupons, est essentiel. Elles deviennent des modèles à suivre pour les autres jeunes.

C’est dès l’adolescence que je me suis sentie indignée par l’excision : je me souviens, dans ma classe au collège, j’ai essayé de convaincre mes amies qu’il fallait dire non, mais je n’ai réussi à en persuader qu’une seule ! On disait que j’étais folle… Et puis je suis devenue professeure et j’ai commencé à en parler à mes élèves, ce qui était la plupart du temps très mal vu par leurs familles. Aujourd’hui, bien des années après, nous voyons de plus en plus de familles qui font le pas et refusent l’excision.

Si j’avais un garçon, en tant que mère, je lui dirai d’accepter que les jeunes femmes n’aient pas été excisées. Je lui dirai que ça lui donnerai beaucoup plus de bonheur dans la vie d’avoir une compagne non excisée, que leur mariage aurait moins de problèmes. Car il faut convaincre les garçons, et ce n’est que quand les pionniers se font connaître , lorsqu’ils n’ont plus honte de ce qu’ils font, que les mentalités changent.

Info-pratique : Rencontre avec Phylis et Kenny Matampash à l’Agence française du développement au 5 rue Roland Barthes à Paris, le 11 juin de 11h à 13h
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10 juin 2014

Catégories : International