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Prise en charge des femmes excisées, Première consultation internationale, Paris, 27-28 janvier

Armelle Andro, démographe à l’Idup, Saïda Barkat Daoud, doctorante en sociologie au Cadis, Béatrice Cuzin, urologue au CHU de Lyon, et Louis Guinamard, coordinateur d’Excision, parlons-en ! sont membres du comité de pilotage de la Première consultation internationale sur la prise en charge des femmes excisées qui se déroulera les 27-28 Janvier 2015, à La Sorbonne, à Paris. Ces journées sont organisées conjointement par l’IDUP (Université Paris-1), et le CADIS (EHESS-CNRS, Paris). Plus d’informations sur le site femmesexcisees-consultationparis2015.fr

Propos recueillis par Louis Guinamard

AFFICHEQuelle est la genèse de ces journées ?

Du fait de la présence ancienne en France de femmes excisées, les professionnels de santé ont été confrontés à la nécessaire prise en charge des mutilations sexuelles féminines. Des politiques de prévention de ses pratiques ont été mises en place dès les années 90 et peu à peu la prise en charge médicale s’est structurée. Les travaux et l’engagement de Pierre Foldès sur la reconstruction chirurgicale ont notamment placé la France en situation de précurseur dans ce domaine. En France, depuis une dizaine d’années maintenant, des centres médicaux et hospitaliers proposent des prises en charge spécifiques pour les femmes excisées.
Dans le sillage des travaux menés autour de la conférence du 6 février 2014 Excision, parlons-en ! et grâce à la mobilisation de notre petit groupe de pilotage réunissant des cultures universitaires à la fois médicales et de sciences sociales, l’opportunité d’organiser à Paris une rencontre scientifique internationale sur la question a pu se concrétiser.
Nous avons pu compter sur le soutien de plusieurs établissements académiques : l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’Idup, l’EHESS, le Cadis et le Labex Tepsis et le Pôles-Suds de l’Ined. Plusieurs institutions se sont mobilisées : l’Unicef, Le Ministère des Affaires étrangères et du développement international, le Secrétariat d’Etat chargé des droits des femmes, l’Institut Emilie du Châtelet.
Nous nous sommes également appuyées, pour l’organisation du programme, sur un comité scientifique composé d’expert.e.s issu.e.s de nombreux pays, notamment  des pays d’origine où les mutilations sexuelles sont historiquement pratiquées. (voir les membres du comité scientifique).
Ces deux journées seront donc l’occasion, nous l’espérons, de faire un premier état des lieux de la question et de permettre aux spécialistes de ces questions de se rencontrer.

Quels sont le contenu et les objectifs de ces journées ?
Cette consultation a vocation à rassembler en priorité un public de professionnels de santé prenant en charge les mutilations génitales féminines, ainsi que des décideurs qui aident à financer et organiser ces prises en charge.
Des acteur.trice.s engagé.e.s dans la prévention des mutilations sexuelles féminines seront également présent.e.s. Il nous semble que parfois, les personnes qui sont en charge de la prévention n’ont pas forcément une idée claire sur les différentes conséquences médicales possibles de l’excision et sur les différentes propositions de soins. Et vice-versa, d’ailleurs, les professionnels de santé ont aussi besoin d’être (in)formé des dispositifs de prévention. Nous avons tous intérêt à penser et structurer la synergie entre les actions de prévention et les actions de prise en charge médicale.
Durant ces deux journées, nous allons aborder ces différentes approches. La conférence débute par des notions qui permettent de mieux appréhender les MGF d’un point de vue clinique et de santé publique. On trouvera les différentes étapes qui amènent à la connaissance de la profondeur du problème de la prise en charge : les données épidémiologiques, et plus largement les données de santé publique, y compris celles qui touchent les coûts – tant humains que financiers – engendrés par les mutilations, particulièrement en terme de conséquences obstétricales. Nous discuterons aussi de la nécessité de progresser dans les classifications cliniques et les descriptions des MSF.
Nous entrerons ensuite dans la partie de la prise en charge clinique. Plusieurs communications seront consacrées à la prise en charge chirurgicale et aux résultats des équipes, puis à la prise en charge de la sexualité. Nous enchainerons avec l’organisation des soins et tout ce qui peut être fait pour mieux organiser les soins. Une table ronde permettra également d’évoquer les aspects éthique et juridique sur les interventions médicales et l’organisation des soins.
Durant les deux journées seront également organisés des ateliers. Nous avons tenu à créer des espaces de discussion pour que les participant.e.s puissent avoir du temps pour échanger sur leurs expériences et leurs questionnements. Il est important que ces tables-rondes permettent un partage d’expérience.  Grâce à la présence de nombreux experts issus de plusieurs disciplines scientifiques, nous sommes persuadées que ces échanges seront très fructueux. Mais tous les participants pourront également faire part de leurs savoir-faire. Nous pourrons ainsi,  favoriser la constitution de réseau d’experts étudiant les bases de propositions de recommandations pour la pratique et la prise en charge clinique.

Ces recommandations sont la principale perspective de cette consultation ?
L’objectif principal est peut être avant tout que les différents scientifiques, médecins, sociologues, anthropologues, épidémiologistes, etc… se rencontrent et discutent.
La perspective primordiale est la mise en commun des connaissances dans un domaine où nous avons besoin de faire un état des lieux des savoirs et pratiques en médecine, santé et sexualité de la prise en charge des femmes. C’est à partir de cet état des lieux que l’on pourra continuer d’une part à faire avancer la connaissance et d’autre part, à poursuivre les progrès dans la prise en charge des femmes.
Nous espérons que les échanges qui auront lieu pendant cette consultation permettront de poser les bases de la formulation de recommandations, notamment à travers les travaux des ateliers. Mais la tâche est immense et c’est une première étape.
Il serait d’ailleurs souhaitable que cette consultation soit la première d’une série. La deuxième consultation pourrait par exemple avoir lieu en Afrique, dans un an ou deux.

Lien vers le site : http://femmesexcisees-consultationparis2015.fr/

Le programme complet : http://femmesexcisees-consultationparis2015.fr/?page_id=17

Inscription préalable obligatoire : http://femmesexcisees-consultationparis2015.fr/?page_id=17

saida bd picSaïda Barkat Daoud, Coordinatrice, doctorante en sociologie Cadis, EHESS


ANDRO fotoArmelle Andro, Démographe, Idup Université Paris-1


CuzinBéatrice Cuzin, Urologue CHU de Lyon


140206-0247Louis Guinamard, coordinateur d’Excision, parlons-en !



12 janvier 2015

Catégories : International