Observations du rapport de l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED)

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Observations du rapport de l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED)

Observations du rapport de l’Institut National d’Etudes Démographiques (INED) publié le 12 avril 2017 sur les mutilations sexuelles féminines dans le monde : entre avancées timides et transformations alarmantes

Par Héloïse Lenfant (à partir du rapport de l’INED)

L’institut national d’études démographiques a publié le 12 avril 2017, dans le dernier numéro de la revue Populations et Sociétés, une étude dans laquelle Armelle Andro et Marie Lesclingand présentent un état des lieux de la pratique des mutilations sexuelles féminines (MSF) dans le monde. [1]

L’étude rappelle qu’il s’agit d’un phénomène mondial qui ne concerne pas exclusivement le continent africain, mais touche également le Yémen, l’Irak et l’Indonésie. On constate également la présence de nombreuses femmes mutilées originaires de pays qui pratiquent les MSF dans des pays d’immigration, notamment aux Etats-Unis et en Europe.

L’observation de la pratique dans le monde démontre une grande hétérogénéité. La moitié des femmes et fillettes victimes résident dans trois pays seulement : l’Indonésie, l’Ethiopie et l’Egypte. Appréhendé à la lumière du poids démographique et de la prévalence de la pratique dans ces pays, ce chiffre révèle que l’Egypte, pays le moins peuplé des trois, enregistre un taux de prévalence de 92% de femmes et fillettes mutilées, tandis que l’Ethiopie enregistre un taux de prévalence bien plus faible. Aussi nous n’observons pas de tendance homogène à l’abandon des MSF. D’autant plus que certains Etats africains tels que la Guinée et la Guinée-Bissau ont enregistré une augmentation de la pratique ces dernières années. [2]

Cette grande fragmentation que révèle l’étude s’observe également à d’autres niveaux. Bien que les chiffres indiquent une diminution de la pratique, son déclin reste relativement lent et varié selon les Etats, mais également selon les régions au sein du territoire d’un même Etat. Cette évolution dépend notamment des systèmes de valeurs et de l’importance de la pratique comme norme sociale. Il apparaît que les pays dans lesquels les MSF sont moins répandues enregistrent un recul plus important. En revanche, le risque de mutilations pour les femmes et les fillettes est plus élevé selon leur appartenance à un groupe ethnique qui perpétue la pratique, souvent envisagée comme un rite de passage pour les fillettes et les jeunes femmes. Au-delà du facteur ethnique, le risque de mutilations est également amplifié selon le niveau d’instruction, le niveau de vie ou le lieu de résidence. Le facteur religieux n’est cependant pas pertinent, et, bien que les MSF soient largement pratiquées dans des pays de tradition musulmane, il n’y a pas de lien clairement établi entre MSF et religion.

Le poids des traditions est ainsi un enjeu majeur de la lutte contre les MSF, qui exige des changements sociaux profonds et une prise de conscience des populations. L’analyse de l’opinion des femmes et des hommes sur la pratique se révèle ici essentielle. L’étude indique que la proportion des personnes favorables au maintien de la pratique a diminué ces dernières années, grâce aux mesures répressives et éducatives mises en oeuvre. En Egypte notamment, qui enregistre un taux de prévalence exceptionnellement haut, 6 femmes sur 10 se déclaraient favorables au maintien de la pratique en 2008, alors qu’elles étaient 8 sur 10 en 1995.

Malgré les quelques progrès enregistrés, face aux séquelles physiques et psychologiques qu’entraînent les MSF, la continuation d’une telle pratique apparaît inquiétante et questionne l’efficacité des politiques d’éradication mises en oeuvre à l’échelle nationale et internationale. Certaines transformations de la pratique, selon l’étude, sont particulièrement alarmantes. Notamment, depuis plusieurs années, à la tendance au rajeunissement de la pratique dans les pays d’origine, s’ajoute le développement « inquiétant » de sa médicalisation dans plusieurs pays (Egypte, Guinée, Indonésie, Kenya, Nigeria, Soudan du sud, Yemen). Les mutilations, envisagées comme rites de passage dans la plupart des pays étudiés, sont en effet régulièrement pratiquées sur des fillettes de moins de dix ans, parfois-même de moins de cinq ans. On observe également que l’aspect traditionnel de la pratique tend à s’estomper peu à peu au profit d’une médicalisation, remplaçant ainsi les exciseuses traditionnelles par des professionnels de santé, sous prétexte de réduire les risques sanitaires liés aux MSF. Il n’en est rien malheureusement, et cette tendance à la médicalisation, qui était autrefois observée dans des pays du Nord tels que les Etats-Unis et qui s’y prolonge avec le développement de la chirurgie esthétique génitale, menace aujourd’hui d’empêcher un véritable abandon de la pratique, ainsi présentée comme « moins risquée ».

Cette médicalisation, fermement condamnée par les organisations internationales, ne doit toutefois pas éclipser les quelques avancées médicales qui permettent de prendre en charge les conséquences des MSF a posteriori. Ces progrès médicaux, l’observation d’un changement des mentalités, et une tendance à l’abandon dans certaines régions doivent ainsi encourager la communauté internationale à poursuivre ses efforts en matière de sensibilisation et de répression.

[1] Andro, M. Lesclingand : « Les mutilations génitales féminines dans le monde », INED (Institut national français des études démographiques), in Population et Sociétés, 12 avril 2017, n° 543, avril 2017, n° ISSN 0184 77 83 – http://www.ined.fr/fr/publications/population-et-societes/les-mutilations-genitales-feminines-dans-le-monde/#tabs-3.
[2] Chiffres enregistrées pour la période 1999-2005 pour la Guinée et 2005-2010 pour la Guinée-Bissau.

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