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L’OMS publie de nouvelles lignes directrices pour le personnel de santé

Le 16 mai 2016 à Copenhague, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié de nouvelles recommandations visant à aider les personnels de santé à dispenser de meilleurs soins aux 200 millions de filles et de femmes ayant subi une mutilations sexuelle.

Par Hana Moumen ( à partir du communiqué de presse de l’OMS du 16 mai 2016)

La nécessité des soins pour les femmes mutilées

Le rapport de l’OMS insiste sur l’importance de l’apport de soins particuliers pour les femmes victimes d’excision : « Les agents de santé ont un rôle crucial à jouer pour résoudre ce problème mondial de santé. Ils doivent savoir reconnaître et soigner les complications des mutilations sexuelles féminines », insiste le Dr Flavia Bustreo, sous-Directeur général de l’OMS, « L’accès à des informations justes et à une bonne formation peuvent aider à éviter de nouveaux cas et à s’assurer que des millions de femmes ayant subi des mutilations sexuelles bénéficient de l’aide dont elles ont besoin » ajoute-t-il.

Dès 1997, les efforts internationaux se sont intensifiés pour mettre fin aux mutilations sexuelles féminines. En 2007, l’UNFPA et l’UNICEF ont lancé le Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur les mutilations génitales féminines/l’excision pour accélérer l’abandon de ces pratiques.

Les lignes directrices de l’OMS renforcent ces efforts, tout en reconnaissant que des mesures doivent être prises dans tous les secteurs pour mettre fin à ces pratiques et apporter une aide aux femmes qui en subissent les conséquences. Les lignes directrices mettent également en garde contre les dangers de la médicalisation des mutilations sexuelles féminines. La médicalisation est la prise en charge de l’excision par des agents de santé : « Il est essentiel que les agents de santé ne perpétuent pas eux-mêmes à leur insu ces pratiques préjudiciables » déclare Dr Lale Say, Coordonnateur à l’OMS, Département Santé reproductive et recherche.

Les recommandations de l’OMS portent aussi sur la prévention et le traitement des complications obstétricales, la dépression et des troubles de l’anxiété, l’attention devant être accordée à la santé sexuelle des femmes, avec notamment le conseil, et la diffusion d’informations et l’éducation.

Une stratégie mondiale

En 2010, l’OMS a publié une stratégie mondiale visant à empêcher le personnel de santé de pratiquer des mutilations sexuelles féminines, en collaboration avec le Programme conjoint UNFPA-UNICEF et d’autres partenaires.

Principales recommandations de l’OMS

  •  La désinfibulation pour éviter et traiter les complications obstétricales, ainsi que pour faciliter l’accouchement, et pour éviter et traiter les problèmes au niveau des voies urinaires ;
  • La santé mentale, comprenant la thérapie cognitivo-comportementale et l’aide psychologique pour traiter la dépression et les troubles de l’anxiété ;
  •  La santé sexuelle des femmes, couvrant les conseils en matière de sexualité pour éviter ou traiter les dysfonctionnements sexuels féminins ;
  •  L’information et l’éducation de l’ensemble des femmes et des filles ayant subi des mutilations sexuelles, ainsi que l’éducation sanitaire et l’information sur la désinfibulation, le cas échéant, pour les personnels de santé, comme pour les femmes et les filles

Pour en savoir plus:

plus  : Lire le résumé en français du rapport de l’OMS



27 mai 2016

Catégories : Excision parlons-en, International