La réaction du réseau européen End FGM suite à l’article de The Economist « Mutilations génitales féminines : un choix difficile »

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La réaction du réseau européen End FGM suite à l’article de The Economist « Mutilations génitales féminines : un choix difficile »

Réaction suite à la publication samedi 18 juin par The Economist de l’article « Female genital mutilation: an agonising choice » (« Mutilations génitales féminines : un choix difficile »)

Traduit de l’anglais par Pauline Caclin

End FGM European Network aimerait commenter l’article publié samedi 18 juin dans le magazine The Economist et intitulé : « Female genital mutilation: an agonising choice » (« Mutilations sexuelles féminines : un choix difficile »)

L’auteur affirme que, puisque les militants ne sont pas parvenus, en dépit de leurs efforts ces trente dernières années, à éradiquer cette pratique, il est temps de passer à une « nouvelle approche ». L’article suggère que les Etats devraient interdire les « pires formes » de mutilations sexuelles féminines (MSF) et « tenter de convaincre les parents d’opter pour une version moins nuisible », concluant son argumentaire par : « il est préférable d’avoir une entaille symbolique réalisée par un professionnel de santé formé que d’être charcutée dans une arrière-chambre par une ancienne du village ».

Effectuer ces « entailles symboliques » reviendrait à nier que les MSF sont une violation des droits humains et une forme de violence sexiste reconnue, quels que soient le degré de préjudice infligé ou les qualifications médicales de la personne les réalisant. Toutes les formes de MSF sont des violations des droits humains et du droit à l’intégrité physique, morale et psychologique.

Toutes les formes de MSF sont en outre une violation des droits de l’enfant et des droits des femmes et vont à l’encontre des principes inscrits dans plusieurs conventions internationales, notamment la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (respect de l’intégrité physique et morale, principe de non-discrimination). Eliminer toutes les formes de MSF d’ici à 2030 est un engagement mondial clairement exprimé dans la cible 5.3 des Objectifs de développement durable (ODD).

De plus, cet article ne reconnaît pas le risque pour les femmes et les filles de subir une MSF plus d’une fois dans leur vie : ce genre de procédure les exposerait au danger de formes plus graves de MSF par la suite. Il ne reconnaît pas non plus que le traumatisme psychologique causé par une MSF peut durer toute une vie et n’est pas nécessairement proportionnel au degré de gravité de l’acte. Briser la confiance et toucher à l’intégrité physique peut provoquer un traumatisme en soi.

Par ailleurs, accepter certains types de MSF créerait une confusion parmi les communautés touchées par cette pratique, les professionnels de santé ainsi que toutes les personnes qui œuvrent à protéger les droits de l’enfant. Cela aurait également un effet négatif sur tout le travail réalisé en matière de sensibilisation et de prévention des MSF ainsi que de protection des filles en nuisant au message de prévention, qui est indispensable pour mettre un terme à la pratique des mutilations sexuelles féminines.

La médicalisation des MSF, dans laquelle l’acte est réalisé par un professionnel de santé, est un grand sujet d’inquiétude pour nous. Les MSF n’ont aucun intérêt médical quel qu’il soit et leurs conséquences pour les femmes peuvent les poursuivre toute leur vie. Les MSF pratiquées par des médecins formés peuvent même avoir des effets plus négatifs et durables que l’excision traditionnelle, comme l’explique Dr Pierre Foldés.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment publié des lignes directrices à l’attention des professionnels de santé, qui appellent à mettre un terme aux MSF médicalisées. L’OMS affirme que la médicalisation de la pratique va à l’encontre de l’éthique médicale car les MSF sont préjudiciables. Elle perpétue ainsi les mutilations alors que les risques d’une telle procédure dépassent les avantages perçus. La médicalisation peut en outre conférer une légitimité à la pratique ou donner l’impression qu’elle est moins nuisible.

Voir aussi :

L’article dans la revue Migrations forcées de mai 2015 : « La médicalisation des mutilations génitales féminines » par Pierre Foldés et Frédérique Martz

L’appel répété pour l’abandon total des MGF par l’OMS, l’UNFPA, l’Unicef et l’ONU Femmes (en anglais)

Le réseau européen End FGM European Network:

Le réseau européen End FGM European Network est une organisation ombrelle européenne qui regroupe 16 associations (dont Excision, parlons-en !) à travers 11 Etats européens et s’attache à assurer une action européenne durable dans le but de mettre fin aux mutilations sexuelles féminines.

Les mutilations sexuelles féminines (MSF) regroupent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou la lésion des organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons non thérapeutiques, telles que définies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

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