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Nigéria

Les chiffres de l’excision

Au Nigéria, le taux de prévalence chez les femmes âgées de 15 à 49 ans est de 25%, selon les dernières statistiques de l’UNICEF sur les Mutilations Sexuelles Féminines (MSF) de février 2016.

L’excision de type I est la plus pratiquée dans le Sud du pays, celle de type III est la plus répandue dans le nord. Les sept principaux groupes ethniques du pays, les Yoruba, Hausa, Fulani, Igbo, Ijaw, Kanuri, et les Fulanis pratiquent l’excision. Il a été constaté par ailleurs que les MSF étaient plus largement répandues au sein des communautés chrétiennes.

Environnement juridique

Le contexte législatif

Le 5 mai 2015, la loi interdisant la pratique des mutilations sexuelles féminines a été adoptée par le Parlement nigérian (Violence Against Persons (Prohibition) Act 2015) et rentrée en vigueur le 3 juin de la même année. La signature du texte par le précédent Président Goodluck Jonathan a été son dernier acte en tant que Président, ce qui a renforcé la portée du texte. C’est la première fois qu’un texte à portée nationale, pour protéger les jeunes filles est adopté. Parmi les 36 Etats fédérés qui constituent le Nigéria, seulement 6 (Edo, Ogun, Cross River, Osun, Rivers and Bayelsa) prohibaient les MSF depuis1999. Malgré cette loi, beaucoup d’acteurs associatifs ont précisé que la pratique serait longue à disparaître dans la mesure où elle est ancrée dans la culture.

Les sanctions liées aux pratiques d’excision, en violation des dispositions de la loi les interdisant, sont les suivantes : toute personne qui pratique une MSF ou aide quelqu’un à la pratiquer encours une peine d’emprisonnement de 4 ans ou une amende d’un montant de 1000 dollars. Tout complice encours des peines diminuées de moitié : emprisonnement de 2 ans et amende de 500 dollars.

La constitution

Avant la loi de 2015, aucun texte législatif de l’Etat fédéral n’interdisait les MSF. Les opposants à la pratique se référaient à la section 34(1)(a) de la Constitution de la République Fédérale du Nigéria de 1999 qui prescrit « qu’aucune personne ne peut être soumise à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants ». Cette formulation était la seule base juridique qui permettait de soutenir que les MSF étaient interdites à travers tout le pays.

La jurisprudence

Aucune condamnation pour des pratiques d’excision n’a été reportée dans la presse accessible sur sources ouvertes au Nigéria.

Plan d’action gouvernemental

En 1994, le Nigéria a rejoint les autres pays membres de la 47ème Assemblée mondiale pour la santé pour éliminer les MSF. En complément, certaines mesures ont été entreprises pour : établir un groupe de travail multisectoriel couvrant les pratiques traditionnelles néfastes, réaliser de multiples études et enquêtes nationales sur ces pratiques, lancer un plan d’action régional et formuler une politique nationale qui a été approuvée par le Conseil Fédéral Exécutif pour l’élimination des MSF au Nigéria.

Il y a très peu de mobilisation gouvernementale pour lutter contre les MSF au Nigéria. La lutte pour éliminer la pratique repose principalement sur des organisations telles que l’Association Nationale des Sages-Femmes et des infirmières Nigérianes. Cette organisation avait par exemple conduit une enquête nationale en 1985 pour tenter d’évaluer le taux de prévalence à travers le pays. A la suite de cette enquête, l’association a déployé une campagne d’éradication avec le soutien de Population Action International et du Programme des Technologie appropriées pour la Santé. Le projet a formé des travailleurs de santé afin qu’ils soient des relais pour former à leur tour des individus sur les effets néfastes des MSF et travailler avec les organisations religieuses. Les méthodes d’information reposaient sur des pièces de théâtre, des talkshow télévisés, des émissions de radios, des articles dans les journaux, etc. A cette période-là, le sujet était encore plus tabou.

Le Comité inter africain a également utilisé les médias pour sensibiliser sur les conséquences des MSF et en 1997, un programme dans les Etats d’Osun et Bayeksa a permis de former des infirmières et des sages-femmes sur le sujet.

La première Dame du Nigéria a ensuite rassemblé beaucoup d’autres premières Dames d’Afrique pour déclarer officiellement la « tolérance zéro aux MSF » afin de la commémorer tous les ans le 6 février.

Sources :

– Rapport statistique de l’Unicef de février 2016: « FEMALE GENITAL MUTILATION/CUTTING: A GLOBAL CONCERN »

– The Guardian, du 29 mai 2015

– http://www.onlinenigeria daily news . Senior Cordinator for International women’s Issues. Report on FGM or FG Cutting 2005. [Last accessed on 2010 Nov 22]

– http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3507121/#ref9

– http://www.orchidproject.org

– http://www.news.vice.com

– Slate du 5/12/2014

– Article d’Aljezeera – Afrik.com du 8/12/2014