contact presse

Guinée

Les chiffres de l’excision

La Guinée fait partie des pays qui pratiquent le plus au monde l’excision/MGF (Mutilations Génitales Féminines). Elle arrive en deuxième position juste après la Somalie avec un taux de prévalence de 96 %.

La société guinéenne demeure globalement favorable au maintien des MGF bien que l’on note une plus forte opposition masculine :

  • 69% des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans
  • 53% des hommes et des garçons âgés de 15 à 49 ans

Le niveau d’instruction est faible en Guinée. En effet, le taux d’alphabétisme des adultes est inférieur à 50%. Il existe un écart très important entre les hommes et les femmes en matière d’éducation car peu de guinéennes ont accès aux études secondaires et universitaires. Toutefois, aucun lien ne semble émerger entre l’excision des filles et le niveau d’éducation des mères.

L’excision est souvent pratiquée par des exciseuses traditionnelles (87%). Mais, l’intervention médicale est de plus en plus sollicitée ; elle est exécutée dans des conditions relativement hygiéniques par du personnel médical.

L’environnement juridique

Le contexte législatif

Selon la Loi L/2000/010/AN du 10 juillet 2000 adoptant et promulguant, la loi portant Santé de la Reproduction, il est précisé en son article 13 que : « sous réserve des dispositions du Code pénal, les actes attentatoires aux droits en matière de santé sexuelle, seront incriminés et pénalement réprimés ».

Des peines sont prévues dans les articles 407 à 409 du Code de l’Enfant Guinéen (Loi L/2008/011/AN du 19 août 2008) :

  • Article 407 : Quiconque par des méthodes traditionnelles ou moderne saura pratiqué ou favorisé les mutilations génitales féminines ou y aura participé, se rend coupable de violences volontaires sur la personne de l’excisée. Tout acte de cette nature est puni d’un emprisonnement de 3 mois à 2 ans et d’une amende de 300.000 à 1.000.000 de francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement. Les ascendants ou toute autre personne ayant autorité sur l’enfant ou en ayant la garde qui auront autorisé la mutilation génitale féminine seront condamnés et punis des mêmes peines que les auteurs.

  • Article 408 : Si la mutilation génitale féminine a entraîné une infirmité,le ou les auteurs seront punis de la réclusion criminelle de 5 à 10 anset d’une amende de 1.000.000 à 3.000.000 de francs guinéens

  • Article 409 : Si la mort de l’enfant s’en est suivie, le ou les auteurs seront punis de la réclusion criminelle à temps de 5 à 20 ans.

La constitution

L’article 6 de la constitution guinéenne interdit la torture ainsi que tout traitement cruel, dégradant ou inhumain.

Les conventions et traités internationaux

Plus encore, la République de Guinée a ratifié plusieurs textes internationaux relatifs à la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines dont la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et ses protocoles, la protocole relatif aux Droits des Femmes en Afrique dit Protocole de Maputo.

La jurisprudence

À ce jour, aucune affaire concernant l’excision n’a été portée devant la justice autrement dit la loi n’a jamais été appliquée.

Le plan d’action gouvernemental

Dès les années 1990, le gouvernement guinéen a développé plusieurs stratégies dans le cadre de la lutte contre l’excision :

  • Le lancement du plan d’action régional, par l’OMS en 1997, afin d’accélérer l’élimination des MGF ;
  • L’élaboration d’un plan stratégique décennal (2003 – 2013) harmonisé avec le plan mondial conformément aux recommandations de la Conférence Internationale tenue à Addis-Abeba (Éthiopie) en février 2003 sur le thème « Tolérance zéro aux MGF » ;
  • À travers les médias, télévision et radio, le gouvernement tente de sensibiliser la population au problème des Mutilations Génitales Féminines.

La Cellule de Coordination sur les Pratiques Traditionnelles Affectant la Santé des Femmes et des Enfants (CPTAFE) conduit des activités ponctuelles contre les Mutilations Génitales Féminines.

Afin d’optimiser la coordination des actions de lutte contre l’excision, un Comité National de Lutte contre les MGF/Excision sous la tutelle du Ministère Sociale, de la Promotion Féminine et de l’Enfance a été créé en 2011.

Un Plan d’Action National est en cours d’élaboration. Les acteurs de la société civile, partenaires au développement, ONG et associations poursuivent différentes stratégies en Guinée en vue d’éliminer la pratique des MGF.

Sources :

  • GAMS : http://www.federationgams.org
  • UNICEF : Le rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Mutilations génitales féminines / excision : aperçu statistique et étude de la dynamique des changements ; http://www.childinfo.org