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Aborder l’excision à l’Assemblée Nationale

ébastien Denaja est Député de l’Hérault. Très impliqué en faveur des droits des femmes, il a été rapporteur de la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et membre de la délégation aux droits des femmes. Il accueillera Excision, parlons-en ! le 4 février prochain à l’Assemblée Nationale pour une rencontre-débat.

Propos recueillis par Annelise Garzuel

A l’Assemblée, vous êtes très fortement impliqué en faveur de la défense des droits des femmes. Pourquoi cette question est-elle importante pour vous? Comment cet engagement se traduit-il dans votre travail de député ?
J’ai toujours été sensible et engagé dans la défense des droits des femmes car je me suis rapidement rendu compte que les femmes subissaient des discriminations multidimensionnelles, dans toutes les sphères de la société, privée ou publique. Ces discriminations sont inacceptables car elles empêchent l’émancipation pleine et entière de plus de la moitié de la société. Au-delà, ces discriminations aboutissent à des violences, parfois symboliques, souvent physiques, qui doivent être combattues avec force.
J’ai eu la chance de rencontrer dans mon parcours des femmes politiques exceptionnelles qui m’ont beaucoup appris, comme Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem, Danielle Bousquet, ou Marie-George Buffet. Par ailleurs, j’estime important pour les hommes de s’engager pour les droits des femmes et pour l’égalité femmes-hommes car le patriarcat pèse sur l’immense majorité de la société, ce n’est pas un combat des un-e-s contre les autres.
Pour appliquer cet engagement à mon travail de député, j’ai souhaité être membre de la Délégation aux droits des femmes. J’ai été rapporteur de la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes et rapporteur pour avis au nom de la DDF sur la loi sur l’enseignement supérieur concernant l’égalité femmes – hommes, car il faut, sur chaque texte, avoir une attention particulière au respect de l’égalité femmes-hommes.

Le 4 février prochain, vous accueillerez à l’Assemblée Nationale une rencontre-débat organisée par « Excision, parlons-en! » sur la prévention de l’excision en France. Pourquoi avez-vous souhaité appuyer l’action d’Excision, parlons-en ! ?
J’ai d’abord accepté de rencontrer votre Plateforme car je suis toujours curieux d’aborder des thématiques concernant les droits des femmes que je ne connais pas. C’était le cas pour l’excision dont je ne connaissais qu’imparfaitement la problématique. Cette rencontre a été très importante et formatrice. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que des parlementaires puissent assister à une rencontre-débat pour qu’elles/eux puissent aussi être formés à ces questions-là, avoir la volonté de faire évoluer des textes et s’engager contre une violence qui concerne des centaines de milliers de femmes et de filles à travers le monde, mais aussi en France.
Aborder l’excision n’est pas chose aisée, j’en conviens, vous le savez mieux que moi, c’est un sujet délicat, mais il m’a semblé primordial de l’aborder dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre les mutilations sexuelles féminines à l’Assemblée Nationale.

Comment les élus peuvent-ils s’engager et soutenir les associations de défense des droits des femmes et en particulier celles qui travaillent à l’abandon de l’excision ?
Quand on s’engage en politique, on s’engage pour défendre des valeurs. La fonction d’élu permet de mettre en lumière des associations qui défendent elles aussi ces valeurs. En l’occurrence, quand on s’engage comme moi pour les droits des femmes, c’est un combat quotidien qui revêt beaucoup de dimensions, et ma fonction de député me permet de soutenir des initiatives associatives telles que la vôtre. Les élu-e-s doivent être des relais.
Au niveau local aussi, les élu-e-s doivent être conscient-e-s des enjeux et mettre en place des actions de prévention et de protection des femmes et des filles. C’est une question de volontarisme.
Le 4 février, les parlementaires présent-e-s signeront la Charte de la Plateforme Excision, parlons-en ! c’est un geste certes symbolique, mais qui signifiera qu’ils/elles ont pris conscience de l’importance de lutter contre les mutilations sexuelles féminines.



2 février 2015

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