3 questions à… Pierre Foldès

3 questions à… Pierre Foldès

Inventeur d’une méthode chirurgicale permettant de réparer les dommages causés par l’excision et de reconstruire des clitoris, Pierre Foldès est une figure incontournable parmi les militants travaillant à l’abolition des mutilations sexuelles féminines. En décembre 2012, il est l’un des trois fondateurs de l’institut de santé génésique à Saint-Germain-en-Laye – partenaire d’Excision parlons-en ! depuis juin 2013 – qui accueille et prend en charge les femmes victimes de violences et travaille dans une optique de prévention, de collaboration interprofessionnelle et de formation.

Propos recueillis par Marion Schaefer

1. Cela fait des années que vous réparez, par la chirurgie, les dégâts causés par l’excision. Avez-vous constaté une évolution quant à la pratique et à la provenance de vos patientes ?

 

Pierre Foldès lors d'une rencontre à l'UNICEF.

Pierre Foldès lors d’une rencontre à l’UNICEF.

L’expérience, forte de plusieurs milliers de consultations, nous apporte une bien meilleure connaissance médicale de ces pratiques criminelles, qui sont en fait très variables. Nous pouvons mesurer tout d’abord l’impact et l’influence de l’action militante contre l’excision: la criminalisation de l’action judiciaire et la répression, initiées en France, ont entraîné une baisse du nombre d’excisions chez les jeunes immigrées de plus de deux ans. En revanche, la mutilation est progressivement devenue clandestine, parfois payée plus cher, et surtout pratiquée plus jeune. Sont apparus les retours au pays – véritables « tourisme du crime » – pour une pratique moins pénalisée. En Afrique de l’ouest, dans les pays où le débat sur l’excision a été lancé dans la société civile, certaines pratiques se modifient et on constate l’apparition d’excisions commises sans accord ou contre l’avis des parents, avec là encore une tendance à exciser plus tôt. Dans certaines régions (sud du Burkina, Côte d’ivoire), apparaissent des « excisions de rattrapage », des jeunes filles ayant échappé à la tradition et mutilées de force après treize ans.

Parmi nos patientes nous avons noté – notamment en Afrique depuis le printemps arabe et les bouleversements géopolitiques récents – diverses évolutions :

– Des consultantes émanant de zones jusque là peu demandeuses comme l’Afrique de l’Est, mais aussi la Gambie, le Sierra Leone ou le Nigeria.
– Une demande venant de femmes d’Afrique centrale (RCA, Cameroun), présentant des mutilations différentes telles les scarifications vaginales.
– La remontée des demandes de réparation venant de certaines régions ayant subit une arrivée ou une recrudescence d’un Islam radical.

 

2. Est-ce que les événements politiques de ces deux dernières années au Maghreb ou en Egypte ont eu des répercussions sur la pratique ?

 

Certaines régions d’Afrique connaissent une accélération de l’Islamisation, qui progresse géographiquement et parfois se radicalise. Même si le Coran n’encourage théoriquement pas les mutilations sexuelles féminines, on constate deux changements inquiétants:Une dégradation générale de la condition féminine, avec souvent une augmentation des violences faites aux femmes. Une interprétation et une relecture radicale du Coran par certains Imams qui n’hésitent pas à conseiller ou à autoriser l’excision.

Par exemple la situation de l’Egypte, un des pays avec un taux de prévalence record (plus de 90 %), est particulièrement dramatique, avec de nombreux crimes liés au conflit en cours. La dégradation de la sécurité publique et l’exacerbation de courants misogynes créent des situations de non-droits où les femmes sont plus exposées que jamais. Dans ce pays, une grande partie des excisions est pratiquée par des soignants ou des membres du corps médical. En plus de l’impasse éthique, une excision faite par un médecin est en général plus grave. L’utilisation criminelle de la science médicale permet de couper plus radicalement avec moins de risques immédiats, mais avec des séquelles secondaires bien plus lourdes. Enfin, évolution récente, l’apparition de mutilations liées aux crimes de guerre en dehors de toute tradition. C’est ainsi que nous avons vu arriver les premières patientes de Tunisie ou de Lybie, pays où l’on n’avait jamais excisé jusque là.

3. Vous êtes l’inventeur d’une méthode chirurgicale destinée à réparer les dommages causés par l’excision. Comment exportez-vous la technique ? Avez-vous formé beaucoup de médecins ?

 

La chirurgie réparatrice des mutilations sexuelles féminines est une technique exportable, standardisée, publiée et protocolisée bénéficiant de plus de 15 ans d’expérience. De multiples missions d’information et de formations ont été réalisées et une trentaine de médecins d’Afrique de l’ouest, d’Europe ou des Etats Unis ont reçu une formation initiale. Les enjeux tiennent en deux chapitres. C’est une approche holistique qui ne se résume pas à la chirurgie et qui appelle la formation complète d’équipes motivées.Donc, au delà de

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la technique, c’est une prise en charge globale –accompagnement, écoute et évaluation car toutes les femmes ne sont pas à opérer – qu’il faut enseigner et transmettre.

Le deuxième problème est celui du suivi long terme et de la pérennité de la prise en charge, qui ne sont pas faciles à imposer en Afrique.Ce n’est qu’en misant sur ce long terme que nous apporterons réellement le soutient nécessaire à ces femmes victimes.Cela passe par des partenariats fiables et beaucoup de patience.Le maître mot doit rester le respect absolu de la volonté des femmes victimes de ces violences.

Contact : contact@institutensantegenesique.org

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