3 questions à Nafissatou DIOP

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3 questions à Nafissatou DIOP

Cheveux mousseux et large sourire, la sénégalaise Nafissatou Diop travaille depuis un an au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à New York. Cette sociologue et démographe passée par l’EHESS à Paris est aujourd’hui chargée de coordonner l’action du Fonds des Nationes unies pour la Population (UNFPA) et du Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF) sur l’abandon des mutilations sexuelles féminines. Elle revient sur les enjeux de son action internationale et sur le travail effectué lors des conférences onusiennes.

1/ Comment s’organise votre travail à l’ONU ?

Longtemps le travail contre les mutilations sexuelles a été marginalisé, car on craignait d’être accusés d’impérialisme. Heureusement, depuis les années quatre-vingt-dix, cette lutte est devenue une de nos priorités au niveau mondial. Mais l’approche a changé : si dans les années quatre-vingt elle était faite à partir d’une perspective féministe, – un discours souvent vu comme « donneur de leçons »-, nous agissons plutôt  dorénavant en favorisant les partenariats avec une implication forte des communautés concernées. Au lieu de prévenir des dangers pour les filles, ou d’insister sur les droits fondamentaux, nous favorisons le dialogue, la compréhension du poids parfois nocif de la culture.

 Le discours a un poids très important ! Si nous parlions de torture faite aux enfants, nous perdrions toutes les avancées obtenues jusqu’ici, et qui ont été reconnues par les gouvernements. Nous parlons donc aujourd’hui de « pratiques néfastes », car il faut comprendre que le sujet est culturellement très sensible. De même, il nous semble préférable de parler d’excision plutôt que de mutilation.

Nous soutenons donc de nombreux programmes, en Afrique de l’Ouest et de l’Est, mais aussi dans des pays comme la Géorgie ou l’Indonésie. Nous nous appuyons à chaque fois sur les ONG en les aidant pour leur plaidoyer, l’offre de services ou un soutien tout simplement technique.

2/ Qu’apportent, à la lutte contre l’excision, les grands rassemblements comme la Commission sur le statut de la Femme qui a lieu chaque année en mars ?

Grâce à ces rencontres annuelles, nous avons pu faire accepter à peu près partout l’argumentaire basé sur la défense des droits humains, qui est de plus en plus utilisé. Les tables rondes et les rencontres organisées créent un espace de dialogue qui aide à réfléchir.  Mais le plus important se passe après ! Lorsque les délégations rentrent dans leur pays, elles doivent faire appliquer les décisions sur place, aidées en cela par le soutien financier que nous leur apportons.

Plus que la Commission, ce sont donc les résolutions adoptées par l’Assemblée générale des Nations Unies – qui a lieu en septembre tous les deux ans- qui sont importantes, leur poids est beaucoup plus efficace et elles peuvent être utilisées comme des leviers pour faire bouger les choses. C’est à partir de ces résolutions que les ONG peuvent organiser leur plaidoyer auprès de leurs gouvernements

3/ Vous soutenez le programme « Building bridges » avec les diasporas, pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous soutenons en effet plusieurs associations européennes qui essaient depuis quelque temps  de construire des ponts entre les diasporas immigrées en Occident et les communautés dans les pays d’origine. C’est un projet dans lequel nous venons de nous lancer mais il me semble très important de pouvoir agir ensemble, organiser des événements communs lors de la Journée internationale contre les mutilations sexuelles du 6 février par exemple, pour montrer que le problème de l’excision concerne aujourd’hui les pays d’accueil. L’axe de travail pourrait être le pouvoir à donner aux filles, ce qui était le thème de cette année à la Commission, car, sans la santé sexuelle, comment peuvent-elles obtenir l’indépendance économique ?…

 

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