3 questions à à Mamadou SY et Assetou SY TRAORE

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3 questions à à Mamadou SY et Assetou SY TRAORE

Ce couple de Maliens s’est installé à New York il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui responsables de l’Association USA/Mali Charitable Association of New York à Harlem, ils se consacrent au problème des mutilations sexuelles féminines aux Etats-Unis, où celles-ci ne sont toujours pas considérées comme un crime sur tout le territoire.

1/ Quelle est l’importance de la diaspora d’Afrique de l’Ouest  à New York ?

L’immigration africaine francophone a surtout été massive depuis les années quatre-vingt-dix. Moi-même, je suis venu travailler ici dans l’industrie pharmaceutique après un MBA en business dans les années quatre-vingt, ma femme s’occupant d’un restaurant. Les nouveaux arrivants viennent surtout du Mali mais aussi du Sénégal et du Burkina Faso. Ils ont rejoint les immigrés venus du Ghana et du Nigeria, pays anglophones, qui étaient là depuis plus longtemps.

2/ Quels sont les problèmes concernant l’excision aux USA ?

L’excision est un problème de plus en plus important dans les communautés immigrées aux États-Unis car, comme chez vous en Europe, il s’agit le plus souvent d’enfants envoyées au pays d’origine qui sont à risque d’excision. Il n’existe malheureusement pas de chiffres, mais si on sait que la plupart des enfants nées ici échappent à la mutilation, certains parents issus de communautés très traditionnelles choisissent de les envoyer dans la famille restée au pays, dès l’âge de cinq ou six ans,  non pour des vacances mais pour deux ou trois ans. En fait, c’est parce qu’à l’adolescence, les jeunes d’ici connaissent leurs droits et ne veulent plus partir, il semble donc nécessaire aux parents de les envoyer avant l’âge de dix ans.

Nous avons des témoignages d’adolescentes qui rêvaient d’un retour au pays d’origine de leurs parents et sont revenues traumatisées car on les avait excisées dès leur arrivée…. En ce qui concerne la réparation, elle existe dans certains hôpitaux, à New York et en Californie, mais c’est une solution qui demande une réflexion et un travail psychologique préparatoire, car nous avons connu des femmes qui regrettent de l’avoir choisie.

3/ Comment votre association agit-elle?

Conscient-e-s du développement de ces pratiques, nous avons décidé de concentrer notre action sur le sujet depuis quelques années, après avoir d’abord apporté diverses aides aux nouveaux immigrés. Si nous continuons à travailler avec des avocats pour le soutien aux réfugiés, à faire vivre un centre culturel malien qui apprend aux enfants la langue française -programme soutenu par la France et la Francophonie-, nous faisons principalement de la sensibilisation et du plaidoyer.

Pour sensibiliser à l’excision, nous bénéficions du soutien d’un imam très influent qui la dénonce très régulièrement, nous distribuons des flyers dans les écoles, et nous avons mis en place un groupe de travail avec différentes associations pour travailler ensemble contre l’excision. Mais c’est surtout sur les autorités politiques que nous faisons pression, pour qu’ils prennent vraiment conscience que ce problème existe aussi dans ce pays. Même si les autorités judiciaires et le FBI s’en occupent parfois, il est encore nécessaire de faire voter une loi fédérale qui la condamne fermement. Nous avons pu participer à des rencontres avec des sénateurs à Washington, inviter la femme du maire de New York qui nous soutient, afin que ces personnalités fassent passer le message.

Nous bénéficions pour cela de l’aide des programmes des Nations-Unies, dont celui intitulé « Finally girls matter » et nous organisons chaque année depuis dix ans un gros événement lors de la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines du 6 février. Nous sommes également membres d’une commission qui veut mettre en place un programme d’alerte dans les aéroports pour prévenir le départ des fillettes et jeunes filles si elles sont à risque.

Comme vous le voyez, des deux côtés de l’Atlantique, les problèmes et les modes d’actions sont les mêmes…Un jour, nous aimerions pouvoir mettre sur pied un programme en Afrique de sensibilisation des chefs de villages et de soutien aux associations sur place. Mais là, c’est, comme partout,  un problème d’argent !

 

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