3 questions à Lancine KOMARA

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3 questions à Lancine KOMARA

Lancine Komara, élève au lycée Albert-Camus de Conakry en Guinée, a été distingué par deux récompenses lors du concours de plaidoiries du Memorial de Caen – le prix du jury lycéen, et le prix du Mémorial de Caen – pour sa plaidoirie contre l’excision intitulée « A jamais marquées dans la chair et l’esprit ». Il nous explique ce qui l’a motivé. 

1/ Pourquoi et comment avez-vous eu l’idée de participer à ce concours et comment cela s’est-il passé ?

Les concours des plaidoiries sont une tradition dans mon lycée à Conakry. Tous les élèves de Terminale participent non pas à un concours, mais à deux : celui organisé par le Mémorial de Caen, et un autre organisé par le lycée lui-même. Ce concours à Caen a été une aventure extraordinaire, j’ai appris plein de choses et été très heureux d’avoir été récompensé. J’ai surtout fait de très belles rencontres, avec les autres candidats on n’était plus du tout dans une optique de concours, il y avait une cohésion incroyable, et je pense que c’était l’une des plus belles choses de cette aventure.

2/ Pourquoi avoir choisi le sujet de l’excision ? Avez-vous des proches concernées, qu’en pensent vos amis, est-ce un sujet dont on parle facilement ?

L’excision est un sujet contre lequel j’ai toujours été sensibilisé, puisqu’il n’y a aucun intérêt valable à ce genre de pratique. Lorsque je vois d’un côté des gens organiser aux yeux de tous des cérémonies festives en l’honneur de leurs filles excisées, et de l’autre les autorités rester indifférentes, alors que les textes de lois condamnent ces pratiques, ça ne peut que choquer mon sens moral.

Ce qui m’a surtout pousser à défendre ce sujet, c’est un spot télévisé dans le cadre de la lutte contre l’excision. C’était l’histoire d’un couple qui se disputait tout le temps. En fait, la femme avait toujours des difficultés au niveau de son état de santé et autres problèmes surtout liés à son intimité (infections, problèmes urinaires, rapports sexuels douloureux…), et tout ceci venait des conséquences de l’excision. Je ressentais beaucoup de pitié et de compassion pour cette femme qui non seulement ne pouvait jouir de son meilleur état de santé physique et mentale, mais aussi voyait son foyer menacé : je me disais que n’importe qui pouvait être à sa place.

Lorsque je discute de ce fléau avec des amis, la plupart – notamment les filles – sont pour la pratique, chose qui est pour moi un paradoxe que je n’arrive toujours pas à comprendre. Il est très vraisemblable que nombre de mes proches aient été victimes d’excision ; mais puisqu’il s’agit d’un sujet tabou et délicat, et étant donné que je suis un garçon, je n’ose aborder ce sujet avec des gens autres que mes ami-e-s proches.

3/ Comment peut-on lutter contre l’excision, selon vous ?

La lutte contre l’excision est une bataille très dure qui nécessite beaucoup d’efforts à long terme. Il faut résoudre d’autres problèmes à l’origine de la persévérance de la pratique comme l’éducation (car une population majoritairement non instruite continuera à perpétuer la pratique), la pauvreté, la multiplication des forces de l’ordre (certaines villes n’ont qu’une dizaine de gendarmes pour des milliers d’habitants) pour faire respecter les lois, une plus grande attention de la justice pour condamner les auteurs de la pratique… En fait ce sont les problèmes de retard de développement des pays qu’il faut combler, et surtout continuer à sensibiliser la population. La lutte contre l’excision prendra très certainement beaucoup de temps et s’étendra sur plusieurs générations, mais elle en vaut quand même la peine !

 

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