3 questions à Abou SOW

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3 questions à Abou SOW

D’origine mauritanienne, Abou Sow est en France depuis 2000. Il participe activement à l’association « SOS africaines en danger », adhérente d’Excision Parlons-en !

Propos recueillis par Moïra Sauvage

1/Pourquoi et comment vous êtes-vous engagé dans la lutte contre l’excision ?

Avant d’arriver en France, j’étais déjà engagé dans diverses associations de défense des droits humains, qui sont très maltraitées dans mon pays. Lorsqu’on m’a parlé de « SOS africaines en danger », j’ai dit «l’excision et les mariages forcés, je connais ! » et il m’a paru tout à fait naturel de venir soutenir ces femmes, d’être à leur côté. J’ai d’autre part eu la chance de faire des études universitaires et beaucoup d’entre elles n’en ayant pas fait, il me semblait pouvoir les aider à ma façon.

Sur l’excision, sujet tabou dont il est difficile et rare de parler dans les pays qui la pratiquent, je pense qu’il est essentiel d’oser prendre la parole. Et c’est ce que je fais lorsque je rentre au pays : je profite de mes discussions avec les uns et les autres, que ce soit avec les marabouts ou lors de conférences, pour faire évoluer les mentalités.

2/Quel est le poids de la parole d’un homme ?

J’ai pu constater que les femmes ont souvent peur de parler, surtout dans les villages, car dans les villes, c’est différent : elles ont plus facilement étudié, peuvent pratiquer des professions de santé (c’est le cas dans ma famille où autrefois, on excisait, comme tout le monde) et s’expriment à ce sujet. Or n’oublions pas que si l’excision est portée par les femmes, le masculin est là, derrière, il ne veut pas de femmes non excisées. Il est donc très important que les hommes prennent la parole contre l’excision.

En Mauritanie, l’excision est interdite par la loi, ce qui n’empêche pas qu’elle soit pratiquée… Alors, quand j’interviens, je fais le parallèle avec la modernité, cette électricité, ces téléphones et cette télévision que tout le monde apprécie, mais aussi l’accès à l’eau ou encore les hôpitaux qui nous apportent tant. Je leur dis que le monde a évolué, que le passé est le passé, et que si tous et toutes veulent bénéficier des conquêtes du monde occidental, il faut aussi accepter que l’excision est une pratique ancestrale dont on peut se débarrasser ! Si on me dit qu’une femme non excisée ne pourra pas se contrôler, je leur dis de regarder comment se comportent les femmes non excisées et leur demande si elles ne sont pas tout aussi respectables. Enfin je fais valoir bien sûr les complications tant physiques que psychologiques, et je suis heureux de me rendre compte que de plus en plus d’hommes sont convaincus.

3/Comment travailler depuis la France ?

J’ai toujours estimé qu’il fallait promouvoir les associations de terrain en montant des projets de co-développement dans les villages. Il faut sur place expliquer que l’excision n’est pas religieuse, sans pourtant utiliser un langage brutal qui suggérerait d’abandonner l’islam. Les émigré-e-s ont un rôle extrêmement important, car chaque village d’Afrique de l’Ouest a des ressortissants en France et leur parole peut être entendue, lorsqu’ils promeuvent l’évolution des mentalités.

A « SOS africaines en danger », nous essayons d’aider les femmes à parler de leurs traumatismes, et nous savons qu’elles seront ensuite capables d’aider leurs proches en Afrique lorsqu’elles y retourneront. Nous leur apprenons aussi à utiliser l’informatique, qui leur permettra de diffuser l’information. Et puis tout simplement, nous élaborons des techniques d’animation de réunion dans les villages : parler d’abord aux paysans des sujets qui les intéressent, l’eau, la transhumance ou les troupeaux, avant d’aborder la santé, puis d’en venir aux sujets plus délicats comme l’excision.

Mais je reste convaincu que le partage de leurs souffrances est le meilleur moyen pour faire changer les choses : lorsque les hommes comprendront combien ces traditions font souffrir les femmes de leur famille, ce qu’ils ignorent la plupart du temps, ils se mettront de leurs côtés !

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